2001 Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick
Comment manipuler un tel Chef d’œuvre ? Iconiser la plus belle vision empirique d’un monde inviolé par l'exécutoire de théories scientifiques uniquement retranscrites dans toutes leurs splendeurs abstraites et artistiques par ce magnifique opus en avance sur des savants contraints aux supputations hypothétiques.
« 2001 Odyssée de l’espace » se lâche en dévoilant un avenir compressé dans un présent interminable au même titre que la toile de fond scintillante lui servant de tapisserie.
Chaque geste s’accapare la gestion du temps à volonté sans dissoudre le moindre minutage nécessaire à tout ce qui doit s’exécuter dans la logique de sa procédure.
Le temps mort si étranger au mouvement d'un septième art irrespectueux de l'immobilisme prend ici des couleurs resplendissantes d’énergies.
La technologie spatiale se berce de valses intégrales dans des cercles ininterrompus. Aucune précipitation n’a de mise dans ses hauteurs ou un stylo languissant en apesanteur s’exprime à la place du scientifique endormi.
Dave Bowman aux manettes bloqué devant le sas du Discovery exige presque l’éternité avant de révéler une angoisse imperceptible canalisée par une maîtrise retrouvée.
Franck Poole impassible devant un message d’anniversaire en différé alimente la définition d’un espace distribuant silences, indifférences et lenteurs le long d’un périple tous feux éteints menant vers un soleil raté.
L’œuvre est reposante, lancinante, intensément interminable. Une eau de jouvence , un long sommeil battant à l’unisson d’un requiem de György Ligeti propulsant lentement sans espoir de retour deux privilégiés scrutés par un complexe électronique en manque de reconnaissance.
Un concept évolutif inconnu activé par une éclipse traversant le temps rapproche le primate de l’homme du ciel. L’os devenu machine à tuer envoie dans les airs les rudiments d’un instinct fragile que l’homme devra transformer d’époques en époques en raison tout en faisant évoluer un outil de recherche le plongeant vers la quête de ses origines.
Une intelligence supérieure invisible entretient degré par degré nos perceptions instinctives devenues sens vers une finalité semblant se répéter, une panoplie destructrice dont la machine s’inspire de plus en plus.
Quel est notre destin ? Ne serions-nous que des cobayes de laboratoires expérimentaux contingents, cloués au sol, testant l’intégralité d’une combinatoire sans fin.
Une meute scénarisée comme du bétail dans un roman nommé histoire en attendant qu’un privilégié découvre la porte des étoiles et nous livre enfin une identité.
"2001 Odyssée de l'espace » est un majestueux saut de puce dans l'espace et le temps, un impact temporel scientifique en plein devenir offrant à l’aube d’un troisième millénaire la perspective de quelques verstes parcourues rapprochant l'homme de son géniteur universel.
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